Prima sovietizare: încercarea de acaparare a Principatelor române de către ruşi dintre 1827 şi 1848 descrisă de Ion Ghica (I)


ION GHICA, NOTES HISTORIQUES SUR LES PRINCIPAUTÉS. REMIS À AHMED EFENDI (1851) (Memorial istoric despre starea Principatelor române)

1827

Conformément à une clause de l’acte séparé de la Convention d’Akerman, les Princes de Valachie et de Moldavie devaient nommer des Commissions pour la rédaction des Règlements Organiques. Le prince Grégoire Ghica avait fixé son choix sur les quatre boyards deputés comme connaissant le mieux les lois du pays: Constantin Balatchano, Georges Golesco, Constantin Campineano et Nestor.

Le consul de Russie, Minciaki, en est instruit, s’inquièt et veut à toute force avoir une part dans la nomination de cette commission. Commencement du mois de Septembre, il demande une audience au Prince pour lui remettre une lettre de la part de Mr. Ribeaupierre, alors ambassadeur de Russie à Constantinople. Cette lettre terminait par la phrase:

Plus l’époque approche, où un changement de chef de l’administration pourra avoir lieu, plus je voudrais vous devoir de la reconnaissance por vos soins assidus”.

Le consul profite de l’occasion pour faire observer au Prince que s’il fixait son choix sur les personnes ci-dessus, il ne pouvait manquer de faire une chose qui serait très mal vue à St. Petersbourg. Il lui conseille de nommer des hommes bien vus à la Mission de Russie à Constantinople. Le prince Grégoire Ghica, sous l’influence de son médecin, le docteur Arsaki, se décide à confier le travail du Règlement à Alexandre Villara, récemment échappé à l’exil d’Eskezara, et à trois noyards hétéristes rentrés dans le pays en 1862 à la suite de la Convention d’Akerman.Ce sont: Grégoire Baliano, Alexandre Philippesco et Georges Philippesco. Jean Catoneno, l’un des compagnons d’Ypsilantis, est nommé secrétaire de cette Commission.

1828

Peu de mois après, la guerre éclate entre la Porte et la Russie. Le général Roth passe le Pruth à la tête de l’avant-garde, il lance la proclamation du marechal Wittgenstein; dix jours après, il arrive à Bucarest. Le comte Pahlien est institué comme gouverneur général des deux Principautés avec le titre de Président plénipotentiaire des Divans de Valachie et de Moldavie.

Le prince Grégoire Ghica ayant reçu la nouvelle de l’entrée des Russes en Moldavie, l’avait communiquée au Basch Beschliaga, le comm,andant de la garnison turaue de Bucarest, pour qu’il ait à se retirer immédiatement sur Giourgiu, et le second jour le prince lui-même avait quitté la Capitale, pour se rendre en Transylvanie. Il fut arréte à Câmpina où il est resté plus d’un mois avant de retourner à Bucarest. Il ne mêlait plus d’aucune affaire.

Les boyards se réunissent et signent une adresse à l’empereur de Russie, une adresse préparée à l’avance et que plusieurs d’entre eux signent dans en connaître même le teneur ni le sens.

Les boyards suspects à la Russie sont destitués des emplois qu’ils occupaient et remplacés par ceux qui avaient émigré pendant cinq ans en Transylvanie et en Bessarabie. Michel Ghica est remplacé à la Vestiaire par Alexandre Philippesco Vulpé, l’homme de confiance de la Russie. Avant le Règlement, le Vestiar réunissait les fonctions de ministre de l’Intérieur et de ministre des Finances. Les deux autres frères du Prince, Alexandre et Constantin Ghica conservent leurs places, l’un comme Spadar, l’autre comme Caïmacam de la Petite Valachie. L’archevêque Grégoire est exilé à Kieff pour avoir fait observer que la Russie n’était pas en droit d’exiger des fourniture du pays pour son armée. Néophite, l’éveque de Rimnico, est chargé de remplir par interim les fonctions d’archevêque.

Un impôt de plus de soixante mille ducats est prélevé sur le clergé indigène pour payer à Pétersbourg les dettes de Mme Louxqadra Vacaresco et de sa fille la Pesse Bagration, or la tante et la cousine d’Alexandre Philippesco, elle tenaient à Petersbourg la correspondance avec les boyards réfugiés en Transylvanie.

Les jeunes boyards sont envoyés auprès des généraux divisionnaires comme députés pour la fourniture des vivres.

Plus de quatre cent charpentiers valaques, pris de force pour la construction d’un pont sur le Danube à Pioa Petre, sont tués dans une nuit. Les soldats russes se livrent impunément aux vols. Les paysans, levés en masse pour faire les transports nécessités par le passage de plus de cent cinquante mille hommes de troupe, sont obligés de laisser périr la récolte dans les champs. Les rivières, telles que le Sireth, le Bouzeo et la Ialomitza et autres sont passées par les troupes russes sur des ponts établis sur les chariots des paysans valaques et moldaves entassés par milliers dans ces rivières.

L’armée russe devient tous les jours un fléau plus grand pour le pays.

Le poète Eliad a adressé néanmoins des odes à l’empereur et aux généraux russes. Voici la première strophe de celle intitutlée Ode à l’armée russe qu’il fait présenter au Grand Duc Michel, par l’entremise de son député Constantin Cantacuzène, à l’occasion de la prise d’Ibraïla:

Crucea iarăşi luminează

Pe vechiul său drag pământ

Semiluna să’nfruntează

Aproape d’al său mormânt

Creştinul iarăşi trăieşte

În locul cel pământesc

Ismail fricos grăbeşte

În ăustiul arăpesc etc

La croix de nouveaux brille

Sur son qncienne terre chérie

Le croissanr se brise

Près de sa to,be

Le Chrétien revit

Sur sa terre natale

Ismaïl tre,blant fuit

Dans le désert Arabe” etc;

Cette ode vaut au poète cent ducats que l’évêque Néophite lui remet par ordre du Grand Duc Michel.

La récolte manque, ou plutôt elle ne peut être faite, l’épizootie est terrible et la peste se déclare sur tous les points à la fois, l’automne très mauvais et l’armée russe, battue presque partout, est obligée de repasser le Danube pour hiverner. On a vu de 1828 à 1829 le spectacle le plus affreux: les paysans des deux Principautés, hommes, femmes et enfants attelés par miliers comme bêtes de somme pour les transports des fournitures et des blessés expirer sous les coups des cosaques, mourir de faim, et de fatigue ou de la peste qu’ils recontraient partout dans les camps russes.

Le général Gueismar est battu à Calafat et obligé de fuir jusqu’au Zii [Jii]. Le capitaine Solomon, à la tête de 500 pandours et volontaires valaques, bulgares, grecs et serbes, sauve le corps du général russe; Solomon se trouvait en observation à Ciresu; le Caïmacam de Crajova, Constantin Ghica, lui avait envoyé des ordres à temps pour venir vers Craïova. Le général Gueismar a reconnu ce mouvement si utile qu’il a delivré à Constantin Ghica un document par lequel il a droit à un terre en Russie.

Les députés valaques accompagnés d’officiers russes parcourent le pays dans tous les sens et prennent de force tout ce au’ils trouvent de vivres et de fourrage chez les paysans, les fermiers et les propriétaires; ils les font charrier dans les magasins établis auprès des quartiers généraux, où ils sont reçus par des employés de la Vestiarie assistés d’officiers russes qui en font le mesurages et délivrent des quittances. La plus grande injustice préside à ces opérations. Les employés valaques entendus avec les officiers russes ne délivrent des bons que pour la moitié de la denrée livrée, en gardant les autres pour leur compte.

Au mois de novembre 1828, le général Pahlin, dans un des ses rapports au Ministère de St. Petersbourg, décrit l’état malheureux des deux Principautés, engage le Ministére à aviser aux moyens d’envoyer des vivres de la Russie, parce que les Principautés – dit-il – sont loin de pouvoir fournir la quantité de vivres que les boyards réfugiés avaient promis pour les cas d’une guerre. Le rapport du comte Pahlin est soumis à l’Empereur qui ordonne immédiatement sa destitution comme incapable; il est remplacé par le général Zoultuchin [Jeltuhin], l’un des hommes les plus violents de la Russie. Ce général, soupçonné d’avoir pris part dans la conjuration de 1826, était déttenu comme fou dans une maison de santé. Il cherchait à rentrer en grâce auprès de son maître.

Cornelia Bodea, Faţa secretă a mişcării prepaşoptiste române – Unitatea naţională, Editura Academiei române şi Editura Nestor, Bucureşti, 2004, pp. 225-279

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