Prima sovietizare: încercarea de acaparare a Principatelor române de către ruşi dintre 1827 şi 1848 descrisă de Ion Ghica (II)


ION GHICA, NOTES HISTORIQUES SUR LES PRINCIPAUTÉS. REMIS À AHMED EFENDI (1851) (Memorial istoric despre starea Principatelor române)
1829
Arrivé à Bucarest, il [Jeltuhin]débute de la manière la plus effrayante, il donne des ordres cruels, menace les boyards de les traiter à l’égal des paysans, pour les punir d’avoir induit l’Empereur en erreur par leurs promesses. Il ordonne un récensement général des voitures et des chevaux des boyards, pour les faires servir aux transports. Les jeunes boyards députes à l’armée sont traités par lui à coups des poings. L’ex-Prince Bibesco est précipité, d’un coup de pied, du haut de l’escalier de la maison Linche.
La police, pour faire exécuter ses ordres en ce qui concernait le logement et la nourriture des soldats chez les particuliers, faisait plonger les habitants jusqu’à la taille, dans de tas de boue, les faisait battre, livrait leurs ,aisons au pillage d’une escouade de Cosaques, ou bien il les obligait de loger des soldats contaminés de la peste jusqu’à ce qu’ils éxecutaient les ordres.
Alexandre Philippesco est usé comme vestiare. Il est remplacé par Nentziulesco qui avait rempli ces fonctions pendant la ca,pagne de 1806 à 1812. Celui-ci est à son tour remplqcé bientôt par Villara. Entendu avec les généraux russes, le nouveau vestiaire se livre à toutes sortes d’abus et d’exactions. Il spécule spécialement sur les quittances de fournitures délivrées aux paysans et aux fermiers qu’il achète au rabais en faisant accréditer les bruit qu’elles ne seraient ja,ais payées vu le devoir du pays d’entretenir l’armée, ou qu’elles ne seraient payées que partiallement et seulement de 10 à 20%. À la fin de la guerre, il réalise de grands bénéfices en continuant les approvisionements et en les vendant pour le compte de l’armée russe.
Zoultuhin est violent et cruel, mais il est désintéressé. À la suite d’une conversation avec le consul d’Angleterre, Blutt, discussion fort chalereuse, qui a fini par des paroles offensantes dites de part et d’autre et des gestes menaçants, il change complètement de manière d’ètre. Dans sa tournée du mois de mai, il est touché jusqu’aux larmes en voyant l’état véritable du pays. Il en punit plusieurs pour leur conduite inhumaine et injuste. De retour à Bucarest, il adresse à l’Empereur un mémoire sur l’état du pays, demande l’envoi de farine à Odessa, et termine en disant que les Principautés étaient ruinées et qu’avec la conduite tenue pendant cette campagne, la Russie avait perdu à tout jamais son influence morale et la sympathie des habitants des deux Principautés. Pour réponse, l’Empereur lui envoie une lettre de remerciement et une sabre d’honneur. Mais trois jours après, le général Zoultouhin meurt d’une maniére subit. On a dit très hautement que ce général était mort empoisonné.
Le vice-président Milkovitz est chargé du gouvernement des Principautés jusqu’à l’arrivée du général Kissiloff en octobre 1829.
Le nouveau président organise sa chancellerie, dont font partie Carneiof, Mavros et Soutzaki. Il est doux, affable, il aime le faste et la représentation, il donne des bals et des fêtes. Il encourage le luxe et la facilité des mœurs, il conseille aux boyards de changer de costume, d’adopter l’habit brodé, le chapeau à cornes et de raser leurs moustaches.
Il compose les commissions pour la rédaction des règlements de la manière suivante:
Pour la Valachie: Grégoire Baleano, Alexandre Philippesco, Stefan Balatchano, Alexandre Villara, Stirbey secrétaire.
Pour la Moldavie: Michel Stourdza, Conaki, Asaki secrétaire.
Il presse les travaux de ces commissions. La chancellerie du général Kissiloff ne laisse pas que de remanier article par article le travail des comités et finalement il réunit ces comités sous la présidence du général russe Alexandre Stourdza, afin, dit-il, de donner aux deux règlements un certain ensemble.
Des réclamations s’élevant de tous les côtés contre les employés valaques et russes, le général Kissiloff ordonne des commissions d’enquête dans toute la Valachie. Il désigne à cet effet six boyards: Jean Falcoyano, Alexandre Ghica, Dimitri Ghica, Constantin Campineano, Buzoeano, Philippe Linsche. Deux à deux les commissaires parcourent tous les districts, font une enquête générale, des rapports sont adressés par les commissions. Les prévaricateurs sont obligés de rendre gorge et plusieurs boyards sont passé au livre noir, pour ne plus jamais être employés.
Le plus grand secret est tenu sur tout ce qui concerne les travaux des commissaires pour le Règlement Organique. On ne laisse transpirer que les articles ayant trait aux redevances réciproques des propriétaires et des paysans, on les colporte dans toutes les maisons et on les discute partout afin que les boyards puissent comprendre et se convaincre que le Règlement Organique est tout bénéfice pour eux, et que pour les propriétaires gradés l’abolition des poslusniks est largement compensée par l’obatchie. Quand la question de la propriéte est bien comprise par les boyards et que l’opinion de la majorité des gens qui vont être appelés à discuter ce Règlement en Anssemblée Générale, se prononce en faveur de la réforme, le général Kissiloff convoque à grande pompe une assamblée extraordinaire composée de tous les boyards, depuis le grade de ban jusqu’à celui d’aga inclusivement. L’ouverture de cette assemblée est faite par le général Kissiloff en personne. Le Général prononce un pompeux discours, et le lendemain la discussion du Règlement article par article est ouverte sous la présidence du consul de Russie, Minciaki.
Quelques boyards trouvent cette manière de doter le pays d’une loi illégale et contraire aux droit de la Principauté et de la Cour Suzeraine. L’opinion publique s’émeut. Villara et Stirbey sont menacés de mort dans des écrits anonumes et des libelles.
Cornelia Bodea, Faţa secretă a mişcării prepaşoptiste române – Unitatea naţională, Editura Academiei române şi Editura Nestor, Bucureşti, 2004, pp. 225-279
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