Prima sovietizare: încercarea de acaparare a Principatelor române de către ruşi dintre 1827 şi 1848 descrisă de Ion Ghica (IV)


ION GHICA, NOTES HISTORIQUES SUR LES PRINCIPAUTÉS. REMIS À AHMED EFENDI (1851) (Memorial istoric despre starea Principatelor române)
1832
Les boyards sont reçus dans la milice avec des grades militaires correspondants aux grades civils qu’ils ont. Manuel Baliano, Constantin Ghica el Solomon commandent les trois régiments. Ce dernier, capitaine des pandours de la Petite Valachie sous le gouvernement du P-ce Grégoire Ghica, avait mis ce corps à la disposition du général Geismar, s’était distingué à Ciresu et au Zii et décoré de la Croix de commandeur de l’ordre de S-te Anne, qui n’est accordé qu’aux officiers supérieurs, et passa dans la milice valaque comme colonel.

La plupart des jeunes gens de famille prennent du service militaire; ils sont reçus comme sous-lieutenants.
Dans chaque régiment il y a bon nombre d’officiers instructeurs russes. La chancellerie est dirigée par Banoff. Le spadar ne peut donner aucun ordre, ne peut prendre aucune mesure sans en avoir référé d’abord au général Staroff, l’inspecteur des milices des deux Principautés. La plus grande animosité existe entre les officiers valaques et les officiers russes, depuis les chefs jusqu’aux soldats.
Dans le courant de cette année, c’est-à-dire après trois ans, un général russe est chargé par le Ministère des Finances de St. Petersbourg de payer toutes les quittances délivrées pour les fournitures. Cette opération est très facile, parce que ces bons se trouvaient concentrés entre les mains de trois ou quatre personnes qui les avaient achetés à 80 et même 85% de baisse.

Dès la première année de la proclamation du Règlement, les propriétaires veulent soumettre les paysans au travail à la tâche ainsi que cela est prescrit par le Règlement; mais les paysans s’y refusent. Des désordres éclattent sur plusieurs points, grand nombre de paysans, pour échapper au recrutement et aux redevances des propriétaires, quittent la charrue et se font brigands. Le général Kissiloff réunit un dimanche les boyards et leur dit qu’il ne peut être nullement question de prendre le Règlement à la lettre en ce qui concernait les redevances des paysans, que le propriétaire avait trop gagné pour ne pas se contenter de percevoir les journées de travail en argent, à raison d’un demi swantziger par jour. Les propriétaires sont obligés de renoncer à leurs fortes prétentions, néanmoins les terres triplent immédiatement de valeur. En effet d’après les anciennes redevances chaque clacasche payait au propriétaire:
P[ia]stres, par[as]
1o
Par foyer
…………
0,30
2o
Une journée de labour
…………
4
3o
Une journée de corvée
…………
4
4o
Pour la claca
…………
6
5o
Deux poulets
…………
2
16,30 plus la dime
Après le Règlement de 1831 il payait:
P[ia]stres
1o
Une journée de labour
…………
4
2o
Une journée de corvée
…………
4
3o
12 jours de claca à 45 para
…………
13,20
4o
14 jours d’obatchi
…………
15,30
37,10 plus la dime
À cette augmentation de plus du double est venu s’ajouter l’élévation des prix par suite de la navigation du Danube et les terres ont pu être aussitôt affermées à plus du triple de ce qu’elle rapportaient auparavant.
Le général Kissiloff ausitôt après le retour de Villara de Petersbourg, il ordonne des élection pour l’Assemblée Générale ordinaire. Le major Campineano est élu député de Braïla, Grégoire Cantacuzène à Prahova et I. Rosetty à Ialomitza.
Une tutelle est nommée pour les écoles, elle est composée de Stefan Balatschano, Alexandre Philippesco et Stirbey. Poenar est nommé proviseur de collège et provisoirement directeur des écoles. Ioanides est employé par son patron Georges Philippesco comme scribe à la Vornicie.
Par suite de la mort de Constantin Golesco, son frère Georges Golesco est chargé de la gestion du Ministère de la Justice au profit des orphelins dont l’aîné, Stefan, est employé dans la chancellerie du Général Kissiloff, mais bientôt Georges Golesco, convaincu de faux, est remplacé par Alexandre Philippesco. Latziano, Villara et Charles Rosetty sont accusés de concussion, le premier est envoyé aux salines. Jean Campineano, récemment directeur du Département des Finances, est chargé de faire une enquête sur les abus faits par Villara et par Charles Rosetty, ils sont tous les deux passés au livre noir pour ne plus jamais être employés. Nentziulesco est nommé de nouveau vestiar.
La curatelle des écoles termine son travail sur les écoles et le Collège de St. Sava est ouvert. Constantin Campineano meurt dans le mois de mars. Il est remplacé au Ministère des Cultes par Alexandre Ghica Barbe Rousse. Celui-ci est remplacé deux mois après par Stirbey qui est à son tour remplacé à la Postelnicie par son frère Bibesco. Ainsi le Ministère était donc composé de: George Philippesco à l’Intérieur; Alexandre Philippesco à la Justice, Stirbey aux Cultes, Alexandre Ghica à la Spadarie, Nintzulesco aux Finances, Bibesco postelnic, Linsche au Contrôle.
Par le traité de St. Petersbourg [1826], les deux Empires conviennent que pour cette fois-là seulement et comme un cas tout particulier, les hospodars des deux Principautés seraient nommés par les deux Cours de gré à gré. Toutes les questions importantes, soit financières, soit administratives, soit judiciaires sont ajournées et renvoyées à l’époque de la nomination des princes. Tout le monde attend avec impatience la nomination des Princes.
Dans les écoles, la langue nationale est prise pour langue de l’enseignement. Le Collège de St. Sava est ouvert. On y enseigne le Latin et le Français, la géographie, l’histoire et la rhétorique. Il y a deux classes qui portent le nom de classes de philosophie, mais on y enseigne l’algèbre, la géométrie, la trigonométrie et la levée des plans. De plus on y enseigne le droil civil romain et plus tard on ajoute des classes de droit criminel et du droit civil du pays.
11 y a une certaine activité dans les esprits; tout le monde paraît disposé au travail. Vacaresco, Eliad et Alexandrcsco sont les poètes les plus en renom.
Le colonel Campineano et Grégoire Cantacuzène lient d’amitié avec Eliad et Aristia; ils fondent la Société Philarmonique. Dans une école instituée par souscription on enseigne la littérature, la déclamation et la musique. Un certain nombre de jeunes filles et de jeunes garçons sont entretenus aux frais de l’institution pour en faire plus tard des acteurs. Les élèves font des progrès rapides, et au bout de quelques mois, ils jouent devant les souscripteurs le Mahomet de Voltaire, que M. Eliad a traduit avec des variantes pour complaire aux Russes.
L’hiver se passe en intrigues sourdes pour la Principauté. On supposait avec raison que les deux Cours s’en rapporteraient au général Kissioloff pour le choix des Princes. Aussi Stirbey, George et Alexandre Philippcsco paraissaient être les seuls candidats. C’était là les hommes qui approchaient le plus le Général. Il ne pouvait être question ni du P-ce Grégoire Ghica, ni du P-ce Brancoveanu. L’un s’était montré fidèle et dévoué à la Porte, l’autre en sa qualité de prince autrichien n’inspirait pas de la confiance aux Russes. Quant à Alexandre Ghica, personne n’y pensait; Michel Ghica inspirait plus de crainte à Stirbey et aux Philippesco parce que le Général fréquentait beaucoup sa maison.
En Moldavie, Rosnovano el Conaki étaient plus avancés que Michel Stourza dans les bonnes grâces du Président.
Cornelia Bodea, Faţa secretă a mişcării prepaşoptiste române – Unitatea naţională, Editura Academiei române şi Editura Nestor, Bucureşti, 2004, pp. 225-279.

 

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