Prima sovietizare: încercarea de acaparare a Principatelor române de către ruşi dintre 1827 şi 1848 descrisă de Ion Ghica (VII)


1836[-1837]
Le baron Ruckman est amoureux de madame Glogovano, la fille de Constantin Balatchano. Ionidès trouve moyen d’obliger le consul dans cette circonstance. Mais le baron Ruckman veut épouser cette dame et il a besoin de l’intercession du Prince. Celui-ci s’y prête volontiers et persuade à Glogovano d’accorder le divorce à sa femme. Par là, le Prince se met au mieux avec le consul de Russie dont il suit tous les conseils et toute l’action. Le Prince ne veut pas entendre parler de Bibesco, mais il accepte Stirbey à la Justice. Arsaki est remplacé par Constantin Cantacuzène et Constantin Balatchano, le beau frère du Baron Ruckman, est nommé à la place de Michaïlesco qui vient de mourir. Linsche est remplacé au contrôle par Constantin Soutzo.
Le prince Grégoire Ghica, mort vers la fin de l’année 1831, avait légué une grande fortune à sa seconde femme et à ses enfants du second lit ainsi qu’à deux filles naturelles. Il avait désigné le colonel Jean Campineano comme son exécuteur testamentaire et comme tuteur de ses deux filles naturelles. Le testament est attaqué par les enfants du premier lit. Campineano défend ses pupilles par devant la Justice. Le Prince pousse la parcimonie jusqu’à influencer les juges casser le jugement du tribunal de première instance ainsi que les juges, el les orphelines sont frustrées de leur bien. Campineano proteste, et à cette occasion il se met au plus mal dans l’opinion du Prince.
Le mécontentement contre le gouvernement est très prononcé. Il y avait depuis quelques années en Valachie un Français, le docteur Tavernier, ancien capitaine de l’Empire. Ce médecin, après avoir parcouru l’Egypte, la Perse et la Russie, s’était marié et établi à Bucarest. Entendu avec quelques Valaques, il avait formé une loge maçonnique, Eliad en faisant partie. En initiant quelques boyards, on avait donné à cette loge et plus d’extension et plus d’importance. Campineano, Manuel Baleano, Jean Rosetty, Grégoire Cantacuzène, Jean Otétéléchano, plusieurs autres députés et quelques jeunes gens en faisaient partie. Cette société franc-maçonnique, sans être politique, ne laissait pas moins d’avoir une influence sur la Chambre. C’est dans les réunions maçonniques que les députés de l’opposition arrêtaient leur conduite dans les questions qui se débataient à la Chambre et souvent le succès de leurs opinions était dû à cette entente préalable.
Constantin Braïloi, le secrétaire de la Société franc-maçonnique dénonce tout au P-ce Ghica, mais celui-ci laisse continuer la loge, d’autant plus volontiers qu’il peut savoir tout ce qui s’y fait.
Le traitement du Prince de Valachie porté l’année précédente à 1.200.000 Piastres ou 38.000 Ducats est porté cette année à 1.600.000 Piastres 51.000 Ducats. Depuis longtemps il a le désir de se faire payer par le pays la somme de 3.000.000 de Piastres payée soit-disant en dépenses faites à Constantinople lorsqu’il est allé recevoir son investiture; mais il n’ose pas se faire, craignant un refus de l’Assemblée ou pour le moins des observations sur le chiffre. Il se décide à s’adresser au consul de Russie et il obtint une permission impériale qu’il n’a jamais fait connaître officiellement, en vertu de laquelle il a ordonné la perception de la somme en question repartie par parties égales sur les paysans contribuables.
En Moldavie, le gouvernement ne va guère mieux. Le P-ce Stourdza plus avide que le Pce Ghica a du moins le talent d’empêcher les boyards de faire des abus. Il augmente rapidement sa fortune par les couvents et les procès. Les boyards adressent des plaintes à Petersbourg contre les exactions du Prince, toutefois cette action des boyards se fait en dehors de la Chambre, qui est toute dévouée à Michel Stourdza. Nicolas Rosnovano, Alexandre Balche, Conaki, Alexandre Stourdza et Constantin Morousi sont les grands meneurs; le dernier est sujet russe et il a de l’influence à St. Petersbourg par l’entremise de son cousin Alexandre Morousi. Ils réus­sissent par des pétitions à l’Empereur Nicolas à provoquer une enquête. Le baron Ruckman et Beyak le consul de Jassy sont obligés de faire cette enquête. Le prince convaincu de concussion est obligé de restituer plus de 60.000 ducats. Le Ministère russe fait cependant observer aux boyards que toute action de leur part qui ne serait pas faite d’une manière légale, serait mal vue par l’Empereur. Alors ils cherchent tous à arriver à la Chambre qu’ils avaient d’abord dédaignée.
Le Prince Stourdza, pour empêcher les boyards qui lui sont hostiles d’être élus à chaque élection partielle ou générale, il a la précaution de bien compter les voix qui peuvent lui être favorables et assure toujours une grande majorité aux candidats qu’il présente, en faisant des fournées de promotions de la sorte bientôt le chiffre des grands boyards atteint le nombre de 500, tandis qu’il n’est que de 60 à 65 en Valachie. Cependant le Prince de Moldavie occupe de temps à autre la Chambre de quelques projets utiles. Il lui a fait noter les six journées de travail pour les routes, loi qui si elle avait été consciencieusement exécutée, à l’heure qu’il est, depuis longtemps la Moldavie aurait été couverte de routes dans tous les sens. S’il y a moins d’abus dans l’administration moldave qu’il n’y a en Valachie, le paysan n’en est pas moins vexé car le propriétaire abuse des droits que lui accorde le Règlement de faire travailler les clacasches à la tâche. On peut dire qu’en Valachie le paysan est exploité par l’administration, tandis qu’en Moldavie, il l’est par le propriétaire, aussi les revenus de ceux-ci augmentent avec une très grande rapidité.
Le Prince Stourdza organise des administrations séparées, des curatelles pour les écoles, pour la distribution des eaux, pour les pavés et pour les hôpitaux. Par deux ou trois mesures d’admi­nistration judiciaire, les procès accumulés dans les Divans, diminuent rapidement, tandis qu’en Valachie, l’injustice tout en n’étant pas moindre, le nombre de dossiers augmente tous les jours davantage. La loi du cautionnement pour les réclamations judiciaires est de la plus grande injustice, surtout dans un pays où la justice est au plus offrant. Le Prince l’a proposée dans un intérêt tout individuel et il en a largement profité. Mais la Chambre moldave aurait dû avoir assez de discernement pour l’adopter.
Le baron Ruckman profite de la fausse position du Prince Stourdza pour demander que conformément à la convention conclue avec la Porte: toutes les dispositions prises par le comte Kissileff pour l’appli­cation des réformes, fussent admises comme faisant partie du corps du Règlement Organique; il avait en outre demandé qu’on y établit, la clause portant que nul changement ne pourra être fait à la loi, sans le consentement des deux Cours Suzeraines et Protectrices.
Cet article quoique voté par la majorité de l’Assemblée générale extraordinaire de l’année 1831, soit parce qu’il y avait eu une minorité qui s’était abstenue de le signer, soit pour ne pas s’exposer à des obser­vations et éveiller par là l’attention de la Porte ou des autres puissances et laisser percer ses véritables intentions à l’égard des Principautés, il n’avait pas été imprimé. Le baron Ruckman n’en demande pas seulement l’insertion, mais au lieu des mots: faire par­venir à la connaissance des deux Cours il substitue: faire parvenir à une plus haute connaissance. Le Prince Stourdza a toute la Chambre com­posée rien que de ses créatures; il peut donner une preuve de son zèle à la Cour de Russie. Tout passe sans discussion ni observation aucune.
Dans la Chambre valaque, il y a un esprit d’opposition et de patriotisme; la proposition de Mr. Ruckman rencontre une très grande résistence. Campineano prend la parole et fait observer que cet article est incompatible avec l’art. 52 portant que tout acte ou décision de l’Assemblée générale et du Prince qui serait contraire aux privilèges de la Principauté aux traités ou hatichérifs émanés au profit de cette Principauté comme aussi contraire aux droits de la Cour suzeraine et protectrice doivent être considérés comme nuls et non avenus”.
Michel Ghica, Stirbey, Vellara et Constantin Cantacuzène, les mi­nistres du Prince, se démènent pour faire adopter la proposition du Consul de Russie. Ils poussent jusqu’aux insultes et aux menaces, néanmoins elle est rejetée à la presqu’unanimité comme contraire aux droits de la Principauté, aux hathischerifs de la Porte et au traité d’Adrianople. Les seuls députés Georges Philippesco, Constantin Philippesco, Cornesco et Stefan Balatschano votent pour la demande du consul.
Le baron Ruckman écrit une note qui termine ainsi3:
„Ce n ’est pas sans une extrême surprise et un vif regret que le soussigné a vu que l’Assemblée générale en prenant connaissance du rapport présenté par la Commission chargée de la révision de ce travail a élevé des objections et des difficultés relativement aux changements introduits dans la nouvelle rédaction par suite des principes qui ont servi de base et de règle et en vertu d’une sanction suprême.
Cette rédaction est basée d’une part sur le texte primitif du Règlement et des stipulations supplémentaires adoptées par l’adminis­tration provisoire et d’une autre sur les changements de pure forme arrêtés entre la Cour Impériale et la Porte Ottomane et qui n ‘altèrent d’aucune manière le dispositif du texte.
D’après cela, l’Assemblée générale n ’étant appelée qu’à constater si la nouvelle rédaction est exactement conforme à ces bases, elle ne pouvait que sortir du cercle de ces attributions et de ces pouvoirs, soit en s’opposant à ces changements, soit en voulant les modifier selon ses propres opinions.
Le soussigné se fait par conséquent un devoir de déclarer à Votre Altesse l’Hospodar que les discussions des membres de l’Assemblée ayant pris une pareille tendance, il ne peut les considérer que comme essentiellement attentatoires aux droits des Cours suzeraines et protectrices et il ne lui reste dès lors qu’à protester comme il proteste par la présente de la manière la plus formelle contre une marche aussi irrégulière et aussi contraire au respect dû aux deux Hautes Cours qui n’admettent aucune déviation de la lettre des transactions qu’elles ont conclues et qu’elles sauront maintenir dans toute leur intégrité.
En conséquence, le soussigné, en priant S.A. de vouloir bien immédiatement prendre les mesures les plus convenables pour faire cesser toute discussion ultérieure à cet égard, croit de son devoir de le prévenir en même temps qu’il se réserve de porter cette fâcheuse circonstance, tant à la connaissance de la Cour Impériale qu’à celle de la mission de Sa Majesté Impériale à Constantinople afin de provoquer les déterminations que le cas exige”.
Le résultat de celle note fut un office du Prince à l’Assemblée par lequel il retira la copie du Règlement à réviser et annula tout le travail relatif à la révision. La Chambre vote une adresse au Prince dans laquelle elle expose et elle explique les raisons pour lesquelles elle a rejeté l’insertion de l’article en question. Pendant que l’Assemblée rédigeait l’adresse, le spadar vint évacuer la salle par ordre du Prince. Le Postelnic Constantin Canlacuzène enlève plusieurs dossiers des archives de l’Asscmblée qu’il porta chez le consul de Russie où le Prince reçoit l’adresse de la Chambre de 21 Juillet 1837 (1 Août 1837). L’aga Jean Philippesco est destitué pour avoir voté avec la majorité. Il est remplacé par Manuel Floresco, le vornik des prisons et la place de ce dernier est donnée au colonel Blaremberg, le beau frère du Prince.
3.  Nota Rukman către principele Al.D. Ghica este luată de la F. Colson, De l’état présent et l”avenir des Principautés, p. 95-96.
Cornelia Bodea, Faţa secretă a mişcării prepaşoptiste române – Unitatea naţională, Editura Academiei române şi Editura Nestor, Bucureşti, 2004, pp. 225-279
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