Prima sovietizare: încercarea de acaparare a Principatelor române de către ruşi dintre 1827 şi 1848 descrisă de Ion Ghica (XIV)


 

1845

 

Dans le courant de cette année un nouveau recensement général de la population est ordonné. Ce recensement n’est astreint à aucune des formes établies par le Règlement. Malgré les quarante mille familles qui étaient passées en Serbie, en Bulgarie et en Transylvanie depuis la mise à execution de la corvée des routes et du travail d’une partie des journées de claca à la tâche, la capitation, au lieu de diminuer en proportion, elle a reçu un accroissement de plus de 300 000 piastres (9 000 ducats) ce qui a fait crier les villages, car les commissions de recensement n’ont pas voulu effacer des tableaux de contribution les noms des morts et des fuyards. [sic] /. Le revenu indirect fut augmenté d’un nouveau droit sur les passeports. Les caisses communales de la banlieue furent employées par l’ordre du gouvernement contrairement aux dispositions réglementaires.

 

De cette manière le revenu général atteignit le chiffre de 18 027 699 piastres.

 

Le Prince se fait allors, par décision de son conseil des ministres, une somme de 15 000 ducats pour agrandissement de sa propre maison afin – dit-il – qu’il ait une habitation convenable, malgré que l’État avait dépensé six ans auparavant plus de 30 000 ducats pour achat et réparations de la maison Golesco du Podou Mogochoï spécialement pour servir d’habitation au Prince. De plus il se fait payer 1 500 ducats de loyer annuel pour cette même maison sous prétexte que s’était là une propriété appartenant à ses enfants.

 

Le prince dit avoir emprunté de l’argent lors de son voyage à Constantinople et il se fait payer par l’État sur une ordonnance au Ministère des Finances dans laquelle il est dit qu’il est autorisé par ordre supérieur à prendre la somme de 130 mille ducats de la caisse de réserve pour les frais d’investiture, et comme dans la caisse de réserve il n’y a qu’un million et demi de piastres, il ordonne que la somme de2 800 000 piastres lui soit donnée par la caisse de réserve à titre d’em­prunt payable par la caisse centrale par annuité de 500 000 piastres. Coïncidence curieuse, dès que le Prince est en possession de cette somme qui équivaut à près de 6 millions de piastres de Constantinople, il fait mettre en vente les terres du faillite Hadgi Moscou afin de pouvoir payer un dividende provisoire aux créanciers. Oprano, l’homme d’affaires du Prince, se présente d’une manière ostensible aux enchères publiques et achette toutes ces terres au nom du Prince de manière que toute concurrence étant écartée il devient très facilement l’acquéreur de presque toutes ces terres à des prix excessivement bas.

 

1846

 

Plus de 800 000 piastres (25 000 ducats) ont été pris par le Prince lors de sa visite au Sultan à Routschiuk.

 

Les appointements des employés civils furent portés à 6 millions de piastres tandis que le Règlement n’en prescrit que 4 millions et demi.

 

Il fit construire une caserne de cavalerie avec l’argent du bénéfice des soldats, somme que le Règlement prescrit dans le but que les soldats pussent s’établir convenablement dans les villages à leur sortie du service militaire.

 

La caisse de la Vestiarie ne suffisant pas à toutes les exigences du Prince, on fut obligé de rapporter tous les ans 500 000 piastres sur la caisse centrale au lieu de lui payer tous les ans sur l’annuité de 500 000 piastres pour les 2 800 000 pris à cette caisse pour payer les frais d’investiture.

 

Le budget de l’année 1846, arbitrairement fait par le Prince sans Assemblée, présente une différence de 6 243 759 piastres sur le budget voté la dernière Assemblée en 1843.

 

L’impôt des neamouri était un droit perçu sur le renouvellement des titres à chaque nouvelle nomination de Prince, mais aboli par le Règlement, il fut rétabli en 1846 par ordonnance princière qui l’éleva à 60 piastres et le fit percevoir par tête mâle et non par famille ainsi que cela se faisait anciennement. Le chiffre avoué par le gouvernement comme provenant de ce nouvel impôt est de 1 800 000 piastres.

 

Il est généralement reconnu que les paysans ont travaillé chaque année, soi-disant pour les routes, de douze à vingt jours au lieu de six prescrits par la loi, or en n’admettant que dix journées de travail par an le gouvernement a disposé pendant cinq ans de 1842-1847 de 17 500 000 journées de travail par mètre courant de chaussée, on aurait dû avoir en Valachie 1 790 000 mètres de chaussée ou 437 lieues. De plus le gouvernement a disposé tous les ans de 700 000 piastres, somme qui figure dans le budget pour les voies de communication au 3 500 000 piastres pour les cinq années, en outre 60 mille piastres pour le monument de Kissiloff qui fait encore pendant ce temps un total de 300 000 piastres. En outre les forêts des couvents ont été mises au servi des travaux publics par ordonance princière. Cette valeur ne saurait être appréciée que très aproximativement.

 

Pour tout cela il a été fiait:

                                                                           Journées de travail                 Piastres

1° Une lieue [leghe] de chaussée entre

Bucarest et la terre de la

Princesse Baniassa …………………………………40 000

2° environ deux lieues de chaussée

sur la terre du Prince à Comarnico     …………80 000

3° on a réparé une chaussée de

trois lieues de longueurr construite

en 1841 par le prince Ghica sur

les bords du Danube entre Tournou

Severin et Orsova …………………………………..50 000

4° Une lieue de chaussée sur la

route de Crajova    ……………………………………40 000

5° La restauration du Monastère

de Dealo avec une chaussée de 2

à 300 mètres pour y arriver; les

dépenses en argent ont été faites

sur les revenus du couvent ………………………..5 000

6° Le jardin de la barrière Mogosoï

estimé à 400 000 journées de trav. …………400 000

7° Le dessèchement du lac de

Tchismedgi évalué à 30 000

Journées ……………………………………………..30 000

8° Le pont de l’Olto évalué par le

gouvernement lui même à un

million (et demi) de piastres ………………………………… 1 000 000

9° La pompe pour la distribution

de l’eau dans la capitale qui a

coûté 60 mille ducats ……………………………………………2 000 000

645 000       3 000 000

 

En tout, ces travaux ne peuvent être évalués à plus de 650 000 journées de travail et 2 500 000 de piastres; tandis qu’ils ont coûté au pays plus de 17 500 000 journées de travail et 3 800 000 piastres, donc plus de 16 400 000 journées de travail ont été gaspillées. Sans compter des forêts, des couvents qui ont été l’objet d’un grand trafic de la part des favoris du gouvernement.

 

On sait que beaucoup de villages payaient à raison de 20 jusqu’à 50 piastres par famille pour être exemptés du travail des routes.

 

1846

 

Sous le prétexte que la ville de Bucarest avait manqué de farine quelques années auparavant, on a acheté l’année 1847 de grands appro­visionnements de blé que l’on a vendu plus tard pour le compte de la municipalité à Monsieur Patziouri au prix coûtant, tandis que cette année les prix étaient exorbitants.

 

Le Prince, pour parer au refus du Métropolitain à son divorce et à celui de la femme de Constantin Ghica, il s’était adressé au Patriarchat.Il y avait envoyé aussi un faux témoignage signé par Manuel Floresco, par Constantin Cornesco et par Manuel Baliano.

 

L’année 1846, le Logothète Aristarchi arrive sur un bateau à vapeurs frété exprès pour porter les divorces désirés. Aussitôt le Prince annonça publiquement son prochain mariage. Le spadar ConstantinGhica fut invité à donner sa démission en lui faisant observer qu’il n’était pas convenable de rester à un poste de confiance puisqu’il allait épouser sa femme. Le spadar ayant refusé de donner sa démission, il fut destitué et remplacé par le colonel Odobesco par intérim.

 

La future Princesse se trouvait à Vienne. Des magnificences royales furent ordonnées pour sa réception dans le pays. Les municipalités se ruinèrent pour suffire aux réjouissances ordonnées pour le passage du Prince, de la Princesse et du consul de Russie, aller et retour jusqu’à Focsani où les noces doivent avoir lieu en présence du prince Stourdza.

 

Le consul de Russie se félicite d’avoir contribué à assurer le bonheur du Prince et par conséquent rendu l’administration du pays plus régulière.

 

Mr Stirbey, le frère du Prince, voyant l’opinion publique se prononcer très fortement contre son frère et le mécontentement devenir tous les jours plus général, s’était retiré depuis quelques mois du ministère. Le Prince l’avait remplacé intérimairement par Georges Philippesco. D’autre part, il avait porté plainte à Petersbourg contre son frère Stirbey et l’avait présenté comme cherchant à lui susciter des difficultés. Mr Daskoff fait connaître à Mr Stirbey de la part du ministre de St. Petersbourg que dans le cas où il trâmerait contre son frère avec les autres boyards il ne pourrait plus compter sur la Russie pour arriver à être hospodar dans le cas où cette place viendrait à être vacante. Stirbey se décide à aller voyager.

 

À la visite du Prince à Routschiouk, Reshid Pascha lui avait fait des observations sur trop longue suspension de l’Assemblée générale.

 

Au mois d’octobre le Prince parcourut, accompagné de Vellara, tous les districts de la Principauté en distribuant des grades pour s’assurer des voix aux élections.

 

De retour à Bucarest il publia une ordonnance de convocation des collèges électoraux pour le 15 novembre. L’ordonnance tout en déclarant se renfermer dans les dispositions réglementaires et aux instructions explicatives du général Kissiloff de l’année 1832, elle était accompagnée d’instructions tout-à-fait contraires à tout ce qui avait été pratiqué à toutes les autres élections qui avaient précédé. En effet à toutes les autres élections, tous les boyards et tous les fils de boyard, pourvu qu’ils possédassent une propriété territoriale et qu’ils eussent l’âge voulu, avaient été admis comme électeurs et comme éligibles dans les districts, tandis que l’office en question défend aux propriétaires non résidents de voter dans les collèges des districts interprétant le mot domicilié d’une manière toute nouvelle, empêche par là les propriétaires de voter dans les districts où ils avaient toujours voté auparavant. Plusieurs boyards non fils de boyards, comme aussi plusieurs fils de boyards non boyards avaient siégé à toutes les époques à l’Assemblée, tandis que les instructions du prince Bibesco de l’année 1846 exigeaient des éligibles les deux qualités réunies.

 

Le Prince passa tout un mois avec Ioanidés à classer les électeurs dans les listes des districts et à exclure les électeurs et les candidats qui ne lui agréaient pas, en décidant de son plein gré la résidence de cha­cun. Il réunit ainsi dans Ilfovo plus de deux mille électeurs, tandis que les autres districts ne purent compter que de sept à trente électeurs. De la sorte il condamnait son candidat d’Ilfov, mais il s’assurait les 19 autres. Il s’assura par un autre moyen les 20 députés élus par les grands boyards en remettant à chaque électeur fonctionnaire un bulletin portant les candidats du Gouvernement et en les menaçant de destitution s’ils votaient autrement, pour plus de sécurité il chargea Constantin Philippesco et Jean Ottétéléschano de surveiller la clef afin qu’on ne puisse mettre dans l’urne un autre bulletin.

 

Dans les districts pas un des candidats du gouvernement ne manque d’avoir la majorité. Ce n’est qu’à Ilfov où le nombre des électeurs était considérable, le candidat de l’opposition, malgré la répugnation individuelle qu’il inspirait à plusieurs électeurs, obtint une très grande majorité. Rien que pour faire tomber le candidat du gouvernement ! Les grands boyards de la liste du Prince furent tous élus.

 

Quelques jours avant les élections, plus de quatre vingt boyards de tout grade se réunirent dans la maison du Bezdadé Constantin Ghica et de Constantin Cantacuzène où ils signèrent une protestation contre les élections adressée aux deux Cours. Mais la pièce communiquée à Mr. Daskoff par Constantin Cantacuzène, afin de ne pas s’exposer à faire une démarche qui déplairait au Consulat qui la désaprouva, fut détruite.

 

Le Prince eut une Assemblée selon ses vœux.

 

Par devant cette Assemblée, les comptes des années 1843, ’44, ’45 et ’46 furent sanctionnées sans examen.

 

Les impôts arbitrairement établis et arbitrairement perçus furent légalisés, le budget fut déchargé sur la caisse centrale des monastères d’une somme de 500 000 piastres et la contribution de cette caisse fut ainsi portée à 1 210 000 piastres.

 

Une somme de 500 000 piastres fut accordée pour régulariser l’exploitation des mines de sel.

 

Il fut établi un impôt universitaire très fort de trois ducats par mois pour les élèves externes et de 6 ducats pour les internes. La vente des postes faite par le gouvernement seul avec perte considérable fut légalisée sans aucune obstruction.

 

La vente des salines, malgré les profits très consi­dérables réalisés par le fermage antérieur, fut accordée avec diminution et, qui plus est, une prolongation de deux ans.

 

À l’exemple de l’Assemblée moldave, le revenu de l’exportation des céréales qui peut monter jusqu’à trois et quatre millions pendant les bonnes années, affecté auparavant à des récompenses nationales, des encouragements et des gratifications, fut donné au prince Bibesco à titre d’allocation supplémentaire et viagère de sa liste civile.

 

Elle vota un projet de lui qui porte au triple la taxe des appels judiciaires des trois instances et donna au Prince la prérogative de confirmer les arrêts des tribunaux de première et de deuxième instance sans revoir en appel au Haut Divan.

 

Elle fit aussi quelques bonnes lois: elle abolit l’esclavage pour le clergé.

 

Elle vota la prescription pour les réclamations en fait d’empiétements de terrain pour tous ceux qui ne réclameraient pas dans le courant de l’année 1847.

 

Le couvent de St Spiridon fut obligé d’affecter tous les ans la somme de 140 000 piastres pour l’entretien d’une école pour les filles et de plus une somme de 300 000 piastres, une fois pour toutes, pour la construction d’une bâtisse pour cet établissement.

 

 

Cornelia Bodea, Faţa secretă a mişcării prepaşoptiste române – Unitatea naţională, Editura Academiei române şi Editura Nestor, Bucureşti, 2004, pp. 225-279

 

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